La Longue cuiller ou l’enfer de l’individualisme
Anatole est un jeune homme curieux de tout
, qui s’est mis en tête de savoir ce qu’est le paradis.

Or au cours d’un rêve il rencontre un hibou, oiseau de sagesse à qui il pose la question.

— Rien de plus simple, mon garçon, lui répond l’oiseau qui le transporte au seuil discret d’un de ces restaurants de luxe où l’on ne parle qu’à mi-voix.
— Au sous-sol, messieurs, à l’étage ? Demande le majordome.
— Au sous-sol, dit le hibou, mieux vaut commencer par l’enfer.
Ils descendent, prudents et découvrent une immense salle à manger, une table unique couverte de soupières parfumées, de mets raffinés aux épices rares, des desserts succulents.

Mille convives se font face, chacun armé d’une cuiller au manche plus long que le bras. Chacun l’emplit, mais ne peut la porter à sa bouche. Ce n’est que râlements, gémissements, hurlements. On tord le cou, on en tombe sur le parquet, on meurt de faim dans l’abondance.
Ils remontent. Rez-de-chaussée, escalier raide, et là surprise. Même salle de restaurant, même table, même festin, mêmes convives, mêmes cuillers démesurées. Mais on mange, ici, on savoure, on se pourlèche, on rit aussi. Chacun nourrit celui d’en face.
— Le paradis ?
— Tout juste, répondit le hibou tout sourire.

(D’après H Gougault)

« Ensemble » parce que rien ne peut se faire sans l'autre, quel qu'il soit. Nous sommes des "êtres de relations" et c'est dans la relation que l'on peut se découvrir et évoluer. La relation à nos proches, nos amis et à tous ceux que l'on rencontre.

« Ensemble » parce que le coaching est avant tout un espace relationnel dans lequel deux personnes cherchent à "voir" ce qui est en jeu, l'enjeu de la situation. Le coach sert de miroir sans quoi le coaché ne peut pas se regarder. Le rôle du coach est d’abord d’écouter, sans jugement, sans complaisance non plus. Ecoute active, questionnement, accueil. La qualité de la relation, la confiance que le coaché peut accorder au coach, permettent d’approfondir, de dévoiler sans violence ce que le coaché ne pouvait voir seul.

« Ensemble », parce que le coach ne sait pas, c’est seulement le couple coaché-coach qui peut mettre de la lumière sur la situation.  Le coach peut témoigner de ce qu’il voit, de ce qu’il ressent, mais c'est le coaché qui détient la clé, la solution.